Commune de LA LONDE

Articles parus dans les journaux municipaux

La rue Georges Dominique Masselin (sept 2010)

Après la création de la rue Pierre César Agnest (voir précédent bulletin), la partie de la rue Mare Pérot, allant de cette rue à la rue Grenier, prît, par décision du Conseil municipal du 8 octobre 1909, le nom de rue «Georges Dominique Masselin, bienfaiteur».

Cette rue aurait également été nommée «Rue du Fonds des Cours».

Contrairement à une idée couramment répandue, ce nom n’honorait pas un maire de notre commune comme le disait l’article paru dans «La Londe Contact» n° 5 de novembre 1996, mais celui d’un généreux bienfaiteur.

S’il ne fut pas maire, Georges Dominique Masselin appartenait à une famille qui, en effet, s’occupa à diverses reprises des affaires communales : son père, Charles Dominique Masselin fût nommé, par le préfet, maire provisoire pendant la 2ème République, du 18 mai 1848 au 14 août 1848, à la suite de Ferdinand Boissel. Sa mère, née Marie Clotilde Leloup, était la fille de Simon Joseph Désiré Leloup, maire de notre commune du 14 juin 1800 au 28 février 1815. Son oncle, Henri Charles Masselin, fût également maire de La Londe du 14 mai 1840 jusqu’à sa mort en fonction, survenue le 10 décembre 1846, et enfin, sa tante Erémentienne Zoé Masselin, épousa Pierre Félix Baslé qui, lui aussi, après son beau-frère, administra notre commune du 17 août 1848 au 6 septembre 1865.

Georges Dominique Masselin était né le 2 mars 1829 à La Londe où il décéda le 6 novembre 1909. Il avait épousé en 1864, Honorine Arzélie Mulot. Il fit don, par testament olographe, au Bureau de Bienfaisance de 2000 francs et à la Société de Secours Mutuel de 1000 francs. C’est ce qui lui valut la reconnaissance des londais en 1909.

Claude Crevon

La rue Henri Gosselin (déc 2010)

Cette rue emprunte une partie de la sente connue dans le terrier du marquisat sous le nom de « Sente de l’église à la Verte Londe», c’est-à-dire de la rue (Botherel) Athanase Frété jusqu’à la fourche avec la rue de la «Mare Trou Petit», où se trouvait un petit calvaire démonté en 1960, puis se dirige à gauche vers la rue du Bas de la Vigne (ex sente des Rablais).

Dans le travail de classification des chemins de 1834, cette sente est dite «chemin Commin n° 19, il recevra une largeur de 3 m sur une longueur de 2216 m depuis le chemin dit de l’Ourée jusqu’au bois d’Elbeuf au Buquet».

Lors du Conseil municipal du 26 août 1939, le maire Paul Travers, déclare qu’Henri Gosselin, fossoyeur communal, s’offre à faire construire au cimetière, et à ses frais, pour en faire don à la commune, un bâtiment en briques avec couverture en fibro-ciment pour remiser le matériel du fossoyeur. La dépense est évaluée à 1500 francs environ.

Le conseil autorise cette construction et invite le maire à présenter au généreux donateur ses vifs et sincères remerciements.

Monsieur Gosselin ayant déjà fait don à la commune d’un caveau provisoire, le conseil décide en 1939, à l’unanimité des membres présents, de traduire sa reconnaissance envers ce bienfaiteur, en dénommant la partie du chemin Commin partant du chemin des Rabelais jusqu’au carrefour de la rue Frété et de la rue de la Hérangère, rue «Henri Gosselin, Bienfaiteur».

En décembre 1940, il fera un don de 100 francs au Bureau de Bienfaisance.

Henri Gosselin était né le 17 novembre 1869 à La Londe, de Jules Henri Gosselin et de Marie Elisa Servant., et est décédé le 21 novembre 1955 à Elbeuf. Il avait été nommé fossoyeur à compter du 16 février 1930 et demeurait au hameau du Bas de la Vigne.

Sur sa pierre tombale, une pelle et une pioche entrecroisées ont été gravées.


Claude CREVON

Rue Pierre César Agnest (avril 2010)

 Histoire de nos rues...suite

P.C. Agnest - Plaque rue (2) Le 30 mai 1872, demande d'ouverture d'un chemin de l'Ourail à la Mare Pérot.  "Le Conseil sur le vœu d'un grand nombre d'habitants et sur la demande de ceux du quartier populeux de la rue Mare Pérot, qui se plaignent avec raison que la distance de la rue Grenier à la rue Mare Pulente (actuelle rue Isidore Cavelier) qui est de 813 mètres, donne un trajet beaucoup trop long pour se rendre au centre de la commune, déclare qu'il y a urgence et utilité publique de créer une rue nouvelle..." entre la rue Mare Pérot et la place de l'Ourail. 

            Dès août 1872, une souscription lancée parmi les riverains de la rue Mare Pérot atteint les 650 francs.

            Une pétition pour l'ouverture de ce chemin est présentée par les habitants en mai 1879, mais cela n'est pas simple car ce chemin traverse les propriétés de MM. Alphonse Mullot, Pierre et Louis  Béranger, et Mme Veuve Xavier Guenet qu'il faut exproprier.

            Un jugement rendu par le Tribunal Civil de Rouen du 11 mai 1881, contient l'expropriation par la commune contre Alphonse Mullot, des terrains en prairie, jardin, herbage, verger cadastrés section A - n° 229p, 222p, 234p pour une contenance de 6 ares 33 centiares. Il recevra 1700 francs, Louis Béranger 300 francs, Pierre Béranger 300 francs, et Mme Guenet 400 francs.

            Ce chemin dit « des Fieffes à Saint Ouen du Tilleul » sera classé comme chemin vicinal n° 4, d'une largeur de 5 mètres.

            En février 1880, eut lieu l'enquête d'utilité publique puis, l'autorisation d'entreprendre les travaux sera donnée en 1881 par le Préfet.

            En août de la même année, le Conseil manifeste de nouveau le désir de faire exécuter le plus rapidement possible les travaux dont le coût s'élève à 6700 francs, et propose une souscription.

            Ce chemin deviendra la rue Pierre César Agnest, par décision du Conseil municipal du 19 juin 1882, en reconnaissance du legs fait au Bureau de Bienfaisance par M. Agnest dans son testament très précis de 1873 « stipulant que 25 000 francs seront consacrés à faire établir un clocher à l'église de La Londe, style de celui de Saint-Pierre les Elbeuf. 2 000 francs seront employés à nettoyer et à peindre la nef et les chapelles, le surplus sera immédiatement placé en rente 5 % sur l'Etat. Une prime de 100 francs sera donnée annuellement le 15 août à partir de 1881, à l'employé domestique ou ouvrier qui sera reconnu avoir servi ses maîtres avec le plus de désintéressement et de dévouement, et une autre prime identique à un enfant dévoués à ses vieux parents. Nous retrouvons la trace du versement de ces primes annuelles jusqu'en 1951

            Pour perpétuer le souvenir du généreux donateur, le Conseil vote à l'unanimité le 13 mai 1880, une concession gratuite et perpétuelle dans le cimetière de La Londe et indique que le monument sera toujours respecté et entretenu.

            On peut encore voir l'ancienne plaque de cette rue qui date de 1909, avec cette inscription "Rue Pierre César Agnest Bienfaiteur".

            Pierre César Agnest était né le 22 mars 1809 à La Londe de Pierre Agnest et de Marie Catherine Léger-Desmarest. Il est décédé le 4 février 1880 à Elbeuf. Il était célibataire.

 

                                                                                                                      Claude CREVON

Rue Samson Lepesqueur (déc 2009)

Histoire de nos rues...par Claude Crevon.
La rue Samson Lepesqueur

« Le 25 novembre 1888, sur la proposition de M. Damas LEFEVRE, le Conseil municipal de La Londe, décide de donner le nom de « Samson Lepesqueur » au chemin côté nord de la place de l’Ourail, et classe ce chemin comme chemin rural d’une largeur de cinq mètres » lisons-nous dans le registre de délibération du Conseil municipal.

Mais qui était Samson LEPESQUEUR ?

Il était le descendant d’une lignée dont le premier connu Hyacinthe Samson Lepesqueur, époux de Véronique Lefrançois, était originaire de Oissel. Leur fils Samson Antoine Lepesqueur, né en 1776 est dit batelier et boulanger, épousa en 1798, Marie Marthe Reine Dantan, née en 1776, fille de Jean-Louis Dantan et de Marie Rose Lepesqueur.

Hyacinthe Samson Lepesqueur, leur fils (1799-1828) commissionnaire en draps, épousa en 1821, Anne Hermier (1802-1873). Ils eurent deux enfants dont Antoine Samson Lepesqueur né le 3 juillet 1822 à Elbeuf et décédé le 22 mars 1887 à Elbeuf. Il épousa le 10 avril 1855 à Elbeuf avec contrat de mariage fait le 19 février 1855 en l’étude de Maître Jean Louis Buée, notaire à Elbeuf, Alexandrine Henriette Christine Grandin de L’Eprevier, née le 7 février 1834 à Elbeuf, décédée le 3 octobre 1892 à Elbeuf, fille de Marie Pierre Constant Grandin de L’Eprevier, propriétaire, manufacturier, et de Rosalie Virginie Flavigny. Les témoins au mariage furent Charles Honoré, banquier (31 ans) et Philogène Olivier (56 ans), manufacturier, demeurant place de l’Hôtel de Ville à Elbeuf.

Conseiller municipal de La Londe du 15 octobre 1852 au 19 août 1865, il fut nommé maire par le Préfet jusqu’au 26 septembre 1870, puis maire élu jusqu’au 2 mai 1886, lorsqu’il démissionna, mais resta Conseiller municipal jusqu’à sa mort en 1887.

Samson Lepesqueur, manufacturier, racheta en 1882 l’usine de tissage de laine et d’apprêt situé 17, rue Camille Randouing à Elbeuf à Edmond Join-Lambert et en fit une manufacture de nouveautés. En 1885, de nouveaux équipements sont installés dont une sécherie mécanique, une rameuse de draps et trois chaudières. Cette société fut reprise au début du 20 è siècle par la société Gasse et Canthelou, et fermera en 1967. C’est cette usine qui vient d’être réhabilité en logements.

En 1868, il participa à la création du Bureau de bienfaisance (voir photo).

En 1869, Samson Lepesqueur, maire, outre qu’il offrit le vitrail n° 2 représentant Saint-Joseph et l’Enfant Jésus, se trouvant dans le chœur de l’église Notre-Dame de La Londe, il fit un don de 2000 francs en 1876 pour les pauvres de la commune. En 1868, sa mère Anne Hermier donna 200 francs pour secourir les indigents puis en 1869, elle offrit le vitrail n° 1, dédié à Sainte Anne et Marie.

C’est encore lui qui a habité le « château de la Hérangère dit propriété Samson Lepesqueur » situé rue des Fusillés, près de la ferme Vancaeyzeele. Celui-ci n’est peut-être pas le premier construit à cet endroit puisque sur le terrier du marquisat datant d’avant la Révolution, on y voit le dessin d’une vaste propriété avec allée plantée menant à la rue Romarette (actuelle rue Athanase Frété).

Leur fils Henri Constant Samson Lepesqueur né le 12 février 1856 à Elbeuf et décédé le 6 octobre 1902 à Elbeuf, a épousé le 29 mai 1886 à Elbeuf Marie Marthe Olivier née le 2 juin 1866 à Elbeuf et décédée le 16 avril 1907 à Elbeuf. Marie Marthe Olivier offrit, conjointement avec l’abbé Jules Laurent ancien curé de la paroisse, le vitrail n° 16 représentant Saint-Joseph et l’enfant Jésus, à l’occasion du baptême le 19 décembre 1886 de la cloche nommée Julie Marthe Marie. (Ce baptême fut mis en vers par notre poète Athanase Frété dit Roger Bontemps).

En 1895, pour la création d’un corps de Sapeur-pompiers, qui eut lieu par arrêté préfectoral du 31 août 1896, ce fut donc Henri Constant Samson Lepesqueur  qui fit cadeau à la commune de la pompe à incendie qui se trouve actuellement dans le hall de la mairie (voir photo).
Manufacturier, Officier d’Académie, Trésorier de la Fabrique de Saint-Jean d’Elbeuf, Ancien vice-président de la Société Industrielle, il fut Conseiller municipal de La Londe du 6 mai 1900 au 16 février 1902 et dont il démissionna à cause de l’installation d’une école laïque à La Londe.

Ils eurent quatre enfants dont Elizabeth Christine Marie Lepesqueur (1890-1977), mariée en 1914 avec le baron Guy William Gabriel Charles de La Chapelle d’Uxelle, (1877-1958).

C’est un de leurs descendants qui est encore propriétaire du château de la rue des Fusillés.