Commune de LA LONDE

les origines de La Londe

La Londe,  commune dont le nom d'origine scandinave « lund » signifie « forêt » ou « lande », était habitée bien avant l'invasion normande . Pendant la période gallo-romaine (du I au Vème siècle), la route de Rouen à Caudebec-les-Elbeuf, arrivant à Orival gagnait presqu'en ligne droite, le Rond de La Lune, puis la ferme de La Bergerie, sur La Londe où il est certain que des habitations existaient puisque c'était le point de jonction de deux voies antiques.

Les vestiges gallo-romains de notre forêt, et en particulier ceux bordant le chemin de la Mare Lecomte, ceux de la Ferme Saint-Nicolas, ceux près de la maison forestière de Bosgouet, ou ceux près de la Mare aux Sarcelles, prouvent qu'une vie sédentaire s'y développa.

  • La période de l'histoire de notre localité qui semble la plus connue commence avec le premier seigneur de La Londe, Guillaume, cité en 1113, époque où le Duché de Normandie faisait partie du Royaume d'Angleterre. La Londe était l'une des plus importantes « baillies » du Roumois.

Ce territoire important désigné sous le nom de « Baillie d'entre Risle et Seine » comptait à cette époque plus de 4000 feux, répartis sur 48 paroisses.

A cette puissance territoriale, la seule partie nord-est de La Londe donnait à la baillie une valeur stratégique de premier ordre ; cette partie coincée dans la boucle de la Seine contrôlait et commandait l'accès fluvial de Rouen. Le château de Robert le Diable existant en aval, Richard Coeur de Lion, Duc de Normandie, décida de faire construire en amont, sur les roches d'Orival, un château fortifié, vers 1195.

  • Puis la Normandie fut conquise par Philippe Auguste, roi de France ; la terre et la seigneurie de La Londe dépendirent directement de la couronne. Plus tard en 1290, ces terres furent données par le Roi à Jean II de Tournebu et à Isabelle de Beaumont, sa femme.
  • La Londe possédait vers 1402/1404 un moulin à vent et un manoir seigneurial, et c'est Jehan Leclerc qui est « preste » à l'église Notre-Dame de La Londe.
  • Un tabellionnage de 1406 nous fournit quelques noms de famille : Berthe, Desnoe, Vigier, Mauduit, Le Sellier, Allain, Baudry, Le Picard, Le Séneschal, Béranguier, Chopin, De Gravetel, Behard, Revel, Le Marié, Du Lond, Du Gardin, Tribout, Gugart, Lagautier, Lelong, Busquet, Laurens.
  • En mai 1418, les Anglais étaient à La Londe. Louis de Tournebu et Guillaume de Bigars, co-seigneurs de La Londe, ne voulurent point servir le Roi d'Angleterre et rejoignirent l'armée française. Leurs biens furent confisqués et donnés le 14 mars 1419 par Thomas, Duc de Clarence, fils du Roi Henri de Lancastre, à William Alyntghon, écuyer anglais qui fut seigneur de La Londe.

Guillaume II de Bigars mourut en 1427. Son fils Guillaume III, devenu seul propriétaire de la Seigneurie de La Londe s'étendant sur toute la paroisse d'Orival et sur une partie du bourg d'Elbeuf, fut, nous le supposons, le créateur des premiers ateliers d'apprêts pour les draps à Orival et peut-être à Elbeuf.

  • A la faveur du calme qui régna dans notre contrée pendant la fin du règne de Charles VII et celui de Louis XI, La Londe se releva des ruines que tant d'années de guerres avaient amoncelées.. L'agriculture y devint florissante ; la filature de la laine et le tissage du drap y prirent de l'extension. C'est à dater de la deuxième moitié du XVème siècle en effet que des fabriques furent créées à Elbeuf, probablement par des habitants de La Londe.
  • Sous le règne de Louis XII, roi de 1498 à 1515, les Terres du seigneur de La Londe furent érigées en Baronnie en 1506, en faveur du sieur de Bigars, qui y avait droit de basse, moyenne et haute justice. Les Le Cordier de Bigars furent seigneurs de notre commune jusqu'en 1789.
  • Voici le nom de quelques habitants de La Londe en 1642 : Duval, Dulong, Lecerf, Mulot, Béranger, Leblanc, Lefebvre, Revel, Baillif, Masselin, Buquet, Hermier, Jeoffroy, Berthe, Bouteiller, Gautier, Chopin, Sellier, Lecène, Blactot, Leroux, Sénécal, Cavelier, Sertout, Lecat, Bénard, Fauquet, Boterel, Bunel, Godefroy, Tribout, Grieu, Malzard.

Le souvenir de la haute justice de La Londe, qui s'étendait sur 52 paroisses, nous est conservé par le nom que porte « Le Clos du Gibet » où autrefois en effet étaient dressées les fourches patibulaires. Ce lieu était situé près de la sente Commin, triège* de la Verte-Londe. (*partie d'un bois).
Les actes de cette époque nous montrent une population composée en grande partie de petits cultivateurs, de bûcherons et d'ouvriers tisserands en draps et toiles. Il existait aussi quelques autres artisans : cordonniers, charpentiers, couvreurs en chaume, maréchaux (ferrands) et un tailleur d'habits.

  • Le 7 janvier 1643 fut fondée la Confrérie du Saint-Rosaire établie en l'église Notre-Dame de La Londe. Elle gérait les biens et les dons de la paroisse.

Un différent s'était élevé entre le Roi et le seigneur de La Londe relativement à la propriété de la forêt. Il fut terminé par arrêt du 13 août 1643. Le Marquis de La Londe fut reconnu propriétaire de 2 000 arpents de bois, le reste retourna au Roi. C'est sans doute de cette époque que remontent les pierres fleurdelisées que l'on voit encore sur plusieurs points de la forêt.

  • L'année 1685 fut marquée par un évènement considérable : les nombreux protestants qui habitaient notre contrée durent, comme tous leurs coreligionnaires français, renoncer à leur foi ou fuir à l'étranger suite à la révocation de l'Edit de Nantes, le 22 octobre, par le roi Louis XIV. Il y en avait à La Londe outre les Le Monnnier et les Le Cointe, riches manufacturiers d'Elbeuf, qui possédaient des biens dans notre localité.
  • Jean-Baptiste Le Cordier de Bigars était Conseiller au Parlement de Rouen, Président à Mortier au Parlement de Normandie de 1731 à 1751, Conservateur, pour le Roi, des chasses de la Maîtrise de Rouen. Grand seigneur et célibataire, il construisit splendidement de 1742 à 1745, à La Londe-les-Elbeuf, un magnifique château, qui fut détruit en 1795, et créa sur les hauteurs voisines, le Pavillon d'Orival. Il mourut à La Londe le 27 août 1785, sans alliance.
  • En décembre 1725, mourut Catherine Dulon, âgée d'environ cent ans. En parcourant les registres paroissiaux, nous avons remarqué que notre localité comptait un grand nombre d'octogénaires, de nonagénaires et même plusieurs centenaires.

La plus grande partie de la population de notre commune était employée dans les fabriques d'Elbeuf ou travaillait à domicile. Il n'y avait que fort peu d'artisans à La Londe.

  • Une note du curé nous apprend que l'aile droite de l'église Notre Dame de La Londe, fut construite en 1777 par les libéralités du haut et puissant seigneur, messire Jean Baptiste Le Cordier de Bigars, seigneur et patron de La Londe.
  • En l'année 1781, Louis XVI accorda à Jean-Baptiste Le Cordier de Bigars des lettres patentes réunissant les seigneuries de Bourgtheroulde et de Montaure au marquisat de La Londe.
  • En 1787, furent organisés les premiers conseils municipaux ayant à leur tête un syndic. Antoine Dulong fut probablement le premier Syndic municipal de La Londe.
  • En 1789, le marquis de La Londe fit partie des nobles qui n'entendaient ne céder aucun de leurs privilèges, ni contribuer en aucune façon à acquitter les dettes de l'état. Sa conduite fut sévèrement blâmée à La Londe et dans toute la contrée.