Commune de LA LONDE

La révolution à la Londe

A partir d'octobre 1792, les registres paroissiaux mentionnent la date de la fondation de la République. Le curé Noyon remit les registres de la paroisse qui, à partir du 1er janvier 1793 (10 nivôse an I) furent tenus par Georges Langlois comme membre du Conseil général de la commune, élu pour rédiger des actes de naissance, mariage et décès.

Malgré la lettre qu'il fit publier dans le « Journal de Normandie » et ses protestations publiques, on persista à croire que le marquis de La Londe complotait contre le mouvement général. A la suite de dénonciations portant sur des faits graves, mais qui ne paraissent pas avoir été justifiés, il émigra.

Le pillage des biens des émigrés eut lieu par des commissaires nommés. Ils s'occupèrent de tout ce qui pouvait être vendu ou rentré dans les biens pouvant appartenir à la Nation. Ainsi dès le 16 brumaire an II (6 novembre 1793), on s'occupait activement du château de La Londe et en particulier de la bibliothèque, des voitures, des tableaux et des estampes.

Avant octobre 1794, le château et ses dépendances abritèrent des prisonniers de guerre qui y avaient été mis par ordre de l'administration révolutionnaire de Rouen et qui y commirent des dégâts très importants.

Enfin, les restes du château, ses masures, les avenues, une cour, des labours, ... d'une contenance totale de 77 acres, 3 vergers, 17 perches, trouvèrent acquéreurs le 7 brumaire (28 octobre) de la même année pour le prix de 315 000 livres par Pierre Emmanuel Bonjour, pour le compte des sieurs Lafosse, Lettré et Le Mercier.

Le château fut détruit en 1795, sans doute pour récupérer et vendre les matériaux. Peu de choses échappèrent à sa totale destruction, si ce n'est l'église, le Chartrier de style Louis XIII, dans l'antique chef-mois, le puits et les restes du vieux mur d'enceinte, ainsi que la statue « L'Hercule terrassant l'Hydre de l'Erne » de Puget, retrouvée le 12 juillet 1882, dans un champ proche des ruines du château de La Londe, restaurée et conservée actuellement au musée des Beaux-arts de Rouen.

Lors de la réorganisation territoriale de 1790, notre commune fut dotée d'une mairie et d'officiers municipaux élus par les habitants les plus imposés de la commune.

Un état de 1796 nous apprend que notre commune se composait de 1159 habitants en âge de travailler c'est-à-dire de 12 ans et plus. Cela représentait une population totale avoisinant les 1600 habitants.

Un recensement de 1806 nous donne une population de 1516 habitants. La population de la commune travaillait essentiellement pour le textile elbeuvien, qui, en ce début de 19ème siècle, était en plein développement économique.

Le plus ancien registre des délibérations du Conseil Municipal remonte au 24 prairial an XIII (13 juin 1804).